Harry Gruyaert, ou la Kodachrome comme leçon d'étalonnage
Les Rencontres d'Arles se terminent ce dimanche 4 octobre. Avant de refermer cette édition, je voulais vous parler de l'expo qui m'a le plus marqué : celle consacrée à Harry Gruyaert.
Chez lui, la couleur compte presque plus que le sujet. Un mur rouge, une silhouette noire, une tache de jaune dans un coin, et l'image tient toute seule. Derrière ce rendu, il y a une pellicule : la Kodachrome.
La Kodachrome en deux mots
C'est une pellicule inversible lancée par Kodak en 1935. Sa particularité, c'est que l'émulsion ne contient aucun colorant : les couleurs sont ajoutées pendant le développement, couche par couche. Ça donne un grain très fin, une grande netteté et des couleurs d'une densité rare. Kodak a arrêté sa production en 2009, et la dernière bobine a été développée fin 2010.
Ce qu'on en retient en étalonnage
- Un contraste franc : peu de latitude, les ombres tombent vite.
- Des noirs profonds et presque désaturés, qui structurent l'image.
- Des couleurs denses : les rouges et les jaunes sont très présents sans jamais baver.
- Une hiérarchie : une teinte domine, une autre lui répond, le reste s'efface.
- Un grain fin, jamais envahissant.
Bref, ce n'est pas qu'une LUT et un coup de saturation. C'est un équilibre.
Dans ma formation Look
C'est pour ça que j'ai consacré un chapitre complet de ma formation Look à la reproduction de la Kodachrome. On analyse ce que fait vraiment la pellicule, puis on reconstruit le rendu étape par étape, pour que vous puissiez ensuite l'adapter à vos projets.
Si vous passez par Arles d'ici dimanche, allez voir Gruyaert, et regardez bien ses couleurs. Pour les autres, on se retrouve l'année prochaine.
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